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Détails sur le produit
- Rang parmi les ventes : #15307 dans Livres
- Publié le: 2013-10-16
- Langue d'origine:
Français - Dimensions: 7.09" h x
.59" l x
4.53" L,
- Reliure: Poche
- 192 pages
Fonctions
- Ouvrage neuf. Disponible en stock.
Commentaires clients
Commentaires clients les plus utiles
34 internautes sur 34 ont trouvé ce commentaire utile.Un diagnostic sévère et un plaidoyer pour une société de confiance.
Par Jean LE GOFF
En 2007, paraissait un ouvrage remarqué de Yann Algan et Pierre Cahuc : La société de défiance, aux éditions Rue d'Ulm. Les auteurs y faisaient le constat, enquêtes à l'appui, d' un grand pessimisme de la société française et des jeunes en particulier, très supérieur à celui des autres pays et tentaient d'en déceler les raisons.5 ans plus tard, avec l'aide d'André Zylberberg, les auteurs, économistes réputés, revisitent le thème et l'approfondissent dans une perspective plus large qui englobe le fonctionnement de l'école, des entreprises et de l'Etat-Providence en mettant à profit de nombreuses études parues depuis 2007.C'est donc un ouvrage enrichi et retravaillé qu'ils nous proposent et qui va plus loin que le livre de 2007.Le constat est celui d'une société refermée sur elle-même, peu coopérative, dans laquelle le degré de confiance dans les autres est limité, ce qui bride la croissance. Une société qui se défie des institutions et des autres, où l'insatisfaction domine.Cette défiance n'a pas existé de tout temps. Elle s'est surtout développée à partir de la fin de la seconde guerre mondiale et semble remonter à l'entre deux guerres.Cette défiance qui caractérise la société française semble liée selon les auteurs à de multiples facteurs : une méthode d'enseignement verticale alors que d'autres pays mettent l'accent sur des méthodes plus horizontales fondées sur l'échange et la coopération ; le culte de la méritocratie et de la hiérarchie qui se caractérise par une faible autonomie, le culte du diplôme, la reproduction sociale des élites. Tout le système éducatif dès le plus jeune âge semble avoir davantage pour objet de trier et de classer que de former et d'apprendre. Cette organisation sanctionne là où il faudrait encourager, fait redoubler (alors qu'il est avéré que les redoublements sont très peu efficients) et génère malaise et ennui des élèves.Cette machine à trier se retrouve par la suite sur le marché du travail très rigide et segmenté à l'excès.Le problème est que cette société de défiance génère beaucoup d'inefficience, d'incompréhension, de malaise social et handicape fortement la croissance.Il est donc absolument indispensable de reconstruire une société de confiance. Celle-ci passe par une réforme de l'école, trop élitiste et hiérarchique en rétablissant une égalité des chances, en allégeant les programmes, en supprimant les notes et les classements jusqu'à un certain niveau d'enseignement, en pratiquant un enseignement plus horizontal et moins vertical.Pour restaurer la confiance, il faut aussi restaurer l'exemplarité des pouvoirs publics en limitant le cumul des mandats, en luttant contre les conflits d'intérêt et en développant la transparence financière de la vie publique.Il est incontestable que le livre de février 2012 est plus documenté et mieux argumenté que celui de 2007. En 180 pages, les auteurs parviennent à convaincre le lecteur de la justesse de leur constat.Le seul reproche que l'on peut leur faire est que si le constat est bien dressé et documenté, les remèdes envisagés à la toute fin du livre demeurent un peu flous et trop peu développés.L'action politique constitue un art éminemment difficile. Il conviendrait lors d'une prochaine édition d'expliciter les voies et moyens de la construction concrète de la société de confiance que les auteurs appellent de leurs voeux.
20 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile.A lire
Par Axel
En écoutant une radio nationale, je tombe par hasard sur une intervention des auteurs. Habitué aux litanies de désinformation habituellement colportées par les médias dominants, j'accorde initialement peu d'importance au débat. Puis au fur et à mesure, mon intérêt grandit. En fait au fil des échanges je découvre que les auteurs font :1/ un constat très juste, même si peu reluisant, de l'état psychologique et émotionnel des Français (mal-être, rivalité, défiance, peurs, suicides, dépressions, individualisme, intellectualisme...)2/ et surtout, qu'à contrario de la poignée d'auteurs qui partagent cet état des lieux fort pertinent mais pointent du doigt une cause erronée (comme Peyrfitte dans "Le mal français" pour qui le malaise est dû pour l'essentiel à l'émigration des populations protestantes hors de France), Algan, Cahuc et Zylberberg identifient la véritable cause de ce profond malaise : le système éducatif français. C'est-à-dire le rôle central des mathématiques, l'hypercompétition, l'individualisme, la sélection, la quasi-absence de travaux de groupe, la soumission à l'autorité, l'inhibition de la créativité et des émotions...A noter également le très grands nombres d'études scientifiques statistiques venant étayer et quantifier chacun des points développés dans le livre.L'ouvrage est bien écrit, donc très facile à lire d'un pont de vue intellectuel. Ceci dit l'état des lieux est sombre ... et vrai. Au niveau émotionnel c'est donc une lecture difficile qui vous rappellera certainement des souvenirs de votre propre parcours au sein de l'impitoyable et destructeur système éducatif français.C'est peut-être aussi la première étape pour mieux comprendre qui l'on est, d'où l'on vient et comment commencer à travailler efficacement sur le mal qui nous hante.Un grand merci aux trois auteurs pour cet ouvrage référence.
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile.Le capital... social (la confiance)
Par gb68
L'ouvrage, écrit clairement, se lit et se comprend aisément.Le livre est centré sur la question du 'capital social' et vise à démontrer, au travers notamment des nombreuses études scientifiques statistiques émaillant en notes de bas de page la progression du propos, que la qualité des relations sociales influe notablement sur le fonctionnement de l'école, des entreprises et de l'Etat.Le livre s'attache tout d'abord à montrer le caractère historique de cette défiance dans la société française. Les défauts du système éducatif français sont étudiés en détail : rôle central des mathématiques, individualisme, sélection et tri, quasi-absence de travaux de groupe et prédominance des savoirs académiques. En effet, pour les auteurs, celui-ci se traduit dans les entreprises ensuite par le stress et l'insatisfaction liés à l'obsession de la hiérarchie, à l'inhibition de la créativité et à la logique corporatiste. Sans oublier l'impunité favorisée pour le milieu politique français.
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